Erase all the pain 'til it's gone.

vendredi 4 août 2017

Human interaction reduced to nothing more than data

I miss you.
This sick strange darkness
Comes creeping on so haunting every time

lundi 24 juillet 2017




Je crois que j'ai envie de mourir.
Je crois que ma vie n'a aucune valeur
et qu'il faudrait que je disparaisse. 


- A

samedi 15 juillet 2017

The only people for me are the mad ones

J'aimerais que quelqu'un m'attende quelque part. Cette phrase qui me suit depuis une quinzaine d'années, déjà. J'aimerais juste qu'une personne n'ait pas honte de moi, me soutienne, sache trouver les bons mots. Ces mots qui me rassureraient. 

mardi 13 juin 2017

Et Angela se laisse prendre au piège parce qu'elle l'aime


J'ai parfois ce sentiment égoïste, irrationnel, que ma vie n'a pas de valeur. C'est peut-être ce qui me pousse à vouloir aller loin, disparaître, m'exposer au danger. Certes, j'ai envie d'aider les autres. Mais au même moment, j'ai envie de ressentir un détachement et une solitude tels que disparaître n'aurait plus aucun impact sur les autres. Certes, la vie vaut d'être vécue. Bien sûr, ce sont des pensées totalement égoïstes car trop de personnes destinées à une vie incroyable ont disparu trop tôt. Je ne souhaite pas mourir, loin de moi cette idée. Je souhaite simplement me sentir utile, avoir une action utile et nécessaire. Et si pour cela je dois risquer ma vie, alors je le ferai. Ma plus grosse frayeur est le contact humain. L'oubli ne m'effraie pas. Sur ces sombres pensées, bonne nuit.
- A

Frappe.

Je m'en suis rendue compte assez tôt, finalement. Mes sentiments n'étaient pas purs comme de l'eau de roche, je n'avais pas de papillons dans le cœur à l'idée de te revoir, je ne m'imaginais pas déjà dans une maison avec toi au bord de l'eau, entourés de nos enfants gambadant. Loin de là. Je l'ai compris quand quelques minutes à tes côtés pansaient les plaies que des mois d'absence avaient creusées. Je me sens un peu comme Phèdre, s'adressant à Hippolyte fils de Thésée. J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime, innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même.

- A.

mercredi 10 mai 2017

lundi 8 mai 2017

Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard

Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t'en vas ?

A quoi bon vivre, étant l'ombre
De cet ange qui s'enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N'être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t'en ailles
Pour qu'il ne reste plus rien.

Tu m'entoures d'Auréoles;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t'envoles
Pour que je m'envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne
Si je n'entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s'en va ? Je ne sais pas.

Quand mon orage succombe,
J'en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d'azur.

L'amour fait comprendre à l'âme
L'univers, salubre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l'infini

Sans toi, toute la nature
N'est plus qu'un cachot fermé,
Où je vais à l'aventure,
Pâle et n'étant plus aimé.

Sans toi, tout s'effeuille et tombe ;
L'ombre emplit mon noir sourcil ;
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Je t'implore et réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
O fauvette de mon âme
Qui chantes dans mes rameaux !

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n'es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l'autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L'inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l'étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose
Qu'illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant : " Où donc est ma soeur ?"

J'en mourrai ; fuis, si tu l'oses.
A quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu'elle ne regarde plus ?

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !


- Victor Hugo, Les Contemplations

vendredi 14 avril 2017

I don’t even want a boyfriend. I just want someone who wants to hang out all the time and thinks I’m the best person in the world and wants to have sex with only me.

Je pense que la différence fondamentale entre toi et moi, c'est la honte.
Contrairement à toi, je n'ai pas honte d'être ton amie, pas honte de dire
que tu es une personne incroyable, pas honte de te faire sentir important.
Une sorte de "Ne fais jamais aux autres ce que tu n'aimerais pas que l'on
te fasse", inversé. Tu me manques.

-A

samedi 28 janvier 2017

Lettre à un idiot

J'ai décidé d'abandonner. C'est vraiment stupide, parce qu'on s'entendait bien, mais je suppose que tu ne me connais vraiment pas. Je suppose que quand on prend quelqu'un pour acquis, on ne fait plus d'effort. C'était sympa mais maintenant tu n'as plus besoin de moi. C'est ça ? Tu m'as remplacée. Les blagues des premiers jours, l'intérêt forcé, la fausse jalousie, les sous-entendus qui n'en sont pas. 
Je crois que je te connais trop pour pouvoir tomber amoureuse de toi. 
Ou du moins, je le souhaiterais. Parce que malgré tout, je crois que je le suis. En train de tomber amoureuse. De toi. Je pourrais faire la liste de tes défauts, des qualités que tu ne juges pas utile de mettre en avant en ma présence. Moi, j'ai droit à tes plaintes et tes lamentations. Elle, à tes plus beaux sourires et ton intérêt. Soit.
Pourquoi devrais-je être l'épaule sur laquelle tu te reposes lorsque tu n'en peux plus ? Celle à qui tu te plains. La personne à qui tu réponds seulement lorsque le sujet te concerne et la réponse a un impact direct sur ta personne.
Tu es égoïste. C'est peut-être un mot un peu trop fort, remarque. Tu es surtout centré sur ta personne. 
Tu as eu ce que tu voulais, maintenant tu disparais. Soit. 
Je te souhaite une vie heureuse. 
Sans moi. 

- A.

mercredi 28 décembre 2016

Il ne sait pas ce qu'il veut et c'est pour ça qu'on se fait du mal

Le 12 Décembre 2016
Depuis qu'on se connaît, je ne cesse de me demander si je t'aime. C'est une interrogation constante. Parce que, bien sûr, je suis une personne gentille et serviable, bien sûr que lorsqu'on me demande quelque chose, je vais tout faire pour être utile... Mais toi, c'est différent. Toi, tu es ma priorité. Tes problèmes, tes doutes, tes interrogations passent avant tout et tout le monde. Même quand tu me blesses et que je ne souhaite plus te parler, je continue à être là.  Et même quand tu te lasseras de moi, je continuerai à veiller sur toi. Ce n'est pas une déclaration d'amour, parce que jamais tu ne seras à moi, et jamais je ne serai à toi non plus. Je ne pense pas que je te le dirai un jour, parce que si la force des sentiments que je peux ressentir pour toi m'effraie, toi elle te ferait fuir. 

Le 22 Décembre 2016
Et donc, je rêve de lui. Chaque soir depuis plus de deux semaines. Il ne se passe rien de particulier, il se contente juste d'être là. Parfois, il me cherche du regard. Parfois, je lui souris. J'ai rêvé qu'il m'aimait, qu'il me faisait passer avant ses autres priorités. Je crois que je me dirige lentement vers cette pente glissante qu'est l'amour... Arf. Je crois aussi que je ressens de la jalousie, pour la première fois. Je crois que je ne souhaite plus lui parler, car il n'en ressent pas le besoin. S'il ne souhaite pas partager des choses avec moi, je ne le forcerai pas. J'espère qu'elle le rendra heureuse, quelle sera une présence constante pour lui, celle qui saura panser ses plaies. Progressivement disparaître. 

Le 25 Décembre 2016
Des fois, je me redécouvre une passion pour l'écriture. Comme avant. Mais je n'ai plus de cahiers, plus de stylos, plus de vocabulaire, plus de patience. Je me cherche des excuses, j'essaye de me convaincre du fait que le problème ne vient pas de moi. Je suis dans une spirale sans fin qui me tire chaque jour un peu plus vers le bas. Je tombe amoureuse, sûrement pour la première fois, d'une personne que je ne mérite absolument pas et qui ne voudra probablement jamais de moi. Je m'écœure. J'essaye d'ériger un mur entre moi et le monde. Je souhaiterais simplement disparaître un court instant, le temps de laisser aux autres l'opportunité de penser à moi... C'est tellement égoïste, comme réflexion. Je suis fatiguée, je crois. Fatiguée d'être là, tout simplement. Fatiguée d'absorber les doutes, éponger les craintes, étreindre, écouter, rassurer, conseiller. J'aimerais être égoïste et leur dire de s'en aller, de me laisser le temps de ne penser à rien d'autre qu'à moi-même. J'aimerais qu'ils me laissent me morfondre. J'en reviens toujours à ce titre d'un livre que je n'ai pas lu et que je ne lirai sûrement pas : Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part. C'est tellement juste. Je voudrais que quelqu'un pense à moi, au détour d'une conversation, au coin d'une rue, en se levant le matin et en se disant 'tiens, elle me manque'. Je souhaiterais qu'on m'aime autant que je peux aimer les autres. Je m'attache difficilement, certes. Cependant, lorsque cela est le cas, j'essaye de faire en sorte que chaque personne ait une place définie, spécifique, spéciale... unique dans mon coeur. J'essaye de me rendre nécessaire pour qu'on ne m'abandonne pas. Depuis peu, je crains l'abandon. Je crains la solitude, qui a pourtant été tant d'années mon amie, ma confidente, mon refuge privilégié. J'ai peur qu'on se lasse de moi, ce qui me rend paradoxalement plus à même d'adopter des comportements insupportables... 'Ne pense pas qu'au moment que je t'aime, innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même'.

- A

I just need one good one to stay

J'écoute en boucle cette chanson qui me fait penser à ma situation actuelle. 
J'ai mille raisons de m'en aller, de te laisser. Mais il suffit d'un geste, une parole, 
pour effacer tout le mal que tu me fais. J'ai envie de te blesser, mais je me blesse 
moi-même en constant ton absence d'intérêt. Est-ce que tu seras triste, si je m'en vais ? 
Est-ce que tu me regretteras ? Est-ce que tu penseras à moi, parfois ?
Je me sens comme ces filles qui sont coincées dans une relation mauvaise 
en tous points, qui souffrent, qui sont dépendantes, et qui se justifient à ceux 
qui ont le malheur de s'en faire par un pauvre "au fond, il tient à moi".

- A

I'm welcome no more

Cher octobre, 
Tu touches à ta fin, emportant avec toi les maigres espoirs qui demeuraient. 
J'aurais préféré lui avouer de vive voix, mais je ne pense pas que j'arriverais à attendre un mois pour cela. Je vais exploser. Je ne sais pas tellement comment m’exprimer, mais je me suis juste rendue compte que j’étais vraiment malheureuse à chaque fois que je lui parlais. J'ai tourné en rond, me demandant pourquoi cela me touchait plus que n’importe qui, pourquoi je voulais souvent lui parler même si j'étais consciente du fait que ça allait mal finir parce que j’avais des attentes trop élevées... 
Ca va être dur. Tu es devenu un peu une constante dans ma vie et donc voilà, je me dis que c’est peut-être mieux de te dire ça maintenant plutôt que d’attendre le moment où je vais vraiment tomber amoureuse de toi, là ça sera la merde. Bon, c’est pas clair. Tout ça pour dire que t’as gagné, je pense que je commence à ressentir des choses pour toi qui sont un peu plus que de l’amitié. Ca me rend pas particulièrement heureuse parce que c’est un sentiment de merde mais je me dis que peut-être que si je t’en parle ça justifiera pourquoi je m’énerve contre toi vraiment beaucoup. Bon je suis pas amoureuse de toi ni rien hein je vais pas aller me taillader les veines, je sais très bien que tu m’aimes pas et en soi je te demande rien. Enfin bon je suis désolée de t’avoir dit ça, je sais que t’aimes pas les démonstrations de sentiment. Et ça me fait juste chier parce que j’ai l’impression de gâcher ce qui était une amitié vraiment cool et aussi parce que je voulais vraiment te voir en novembre. Mais je peux juste pas continuer à faire semblant que ça m’intéresse pas que tu sois hétéro ou gay ou sur une meuf ou n’importe quoi. 
Bref je parle trop. Et je tiendrai mes engagements. En soi ça change rien. Mais des fois j’aime bien extérioriser ce que je ressens.


- A

dimanche 25 septembre 2016

Des extraits pêle-mêle

#1 
Une histoire digne d'un film hollywoodien. Un dilemme cornélien. Tu sais que j'ai énormément d'affection pour toi. Je sais que, dans une certaine mesure, tu tiens à moi. Tu sais que ma grand-mère ne t'accepterait pas. Je sais que la tienne ne me regarderait même pas. Mince. On est semblables en tous points et pourtant, cette relation ne mène à rien.
Avant, je pouvais me prévaloir du fait que je te connaissais pas. Le déni était simple, les phrases préconçues disponibles. On ne peut pas aimer quelqu'un qu'on ne connait pas, qu'on ne voit pas. Plus je te connais et plus j'ai l'impression de tomber amoureuse. De toi. Mince.

#2
Je crois que je me suis un peu reconnue dans ce personnage masculin qui n'est pas à sa place, entouré par une famille qui l'oppresse. Ma famille me manque.

#3
Les lettres d’adieu sont celles que je réussis le mieux.
Je t’écris cette lettre que je ne te ferai jamais lire. Le moment venu, je te ferai face et je t’expliquerai.
En un laps de temps insignifiant, tu as pris une place immense, insoupçonnable, dans ma vie et tu as commencé à t’imposer dans mon cœur. Alors, il est temps de se dire adieu. Avant que ton attention ne devienne tellement indispensable que ton absence me briserait un peu plus chaque jour.
Je n’en suis pas heureuse, tu sais. Tu es devenu une constante dans ma vie, une agréable épaule sur qui me reposer, encore immature, pas toujours alerte, mais présente. 
Je ne dirais pas que c’était une mauvaise idée. J’ai été très heureuse que tu entres dans ma vie, comme ça, sans crier gare, sans prétention aucune. Crois-le ou non, mais je ne m’attache pas facilement aux autres. J’ai toujours eu des amis, continuellement été entourée. Pourtant, je me suis souvent sentie seule. J’ai toujours été considérée comme étrange, quelque peu marginale – sans que ce ne soit forcément quelque chose de négatif. J’ai souvent souffert en amitié, fréquemment été blessée. C’est bête, mais ça m’a poussée à prendre plus facilement mes distances avec les autres.
Alors, le fait que tu représentes autant pour moi en si peu de temps, cela m’effraie quelque peu, tu comprends ? Je n’attends rien de toi, même pas de la compréhension. Je voudrais seulement que tu saches que, pouvant facilement tomber amoureuse de toi, il est très certainement temps pour moi de te quitter. 

Je ne serais jamais assez bien pour toi, je crois. Je sais pertinemment que je suis trop pénible, trop instable émotionnellement, trop grosse, trop peu intelligente, trop laide et trop beaucoup trop d’autres choses. J’en suis consciente. Avec tous tes défauts, tu restes une personne beaucoup trop inatteignable pour moi, beaucoup trop bien pour moi. 
Les frontières entre l'amour et l'amitié ont toujours été floues, pour moi. Alors excuse-moi d'avoir pensé que je ne tomberai pas à nouveau dans ce piège. J'écris cette tentative de lettre en m'imaginant un scénario où je t'expliquerais que je ne souhaite plus te voir car, en ce moment, je ne suis pas d'une très agréable compagnie. J'ai un peu le coeur noué, je ne vais pas te le cacher. 
Je ne sais même pas comment conclure, j'espère vraiment ne jamais t'envoyer ce texte. Bonne nuit.



- A, 25/09/2016

samedi 10 septembre 2016






Pain is an understatement. J'ai été beaucoup trop blessée par le passé pour pouvoir laisser cela arriver à nouveau. J'ai peur. 
Je ne souhaite pas être attachée à quelqu'un qui pourrait se lasser. Je ne pense pas qu'on puisse s'attacher à moi donc je 
préfère abandonner avant d'être abandonnée. J'attends le moment où tu vas te lasser de moi, arrêter de me répondre. 
J'appréhende ce moment, mais je l'anticipe également. Ce moment où tu me blesseras plus qu'il ne l'a fait.

My daddy said shoot.



- A

Letters to 2016 #3

Cher 2016,

Parlons peu, parlons bien. La religion. Ce mot qui est progressivement devenu un gros mot.

Je ne me suis jamais préoccupée de la religion, de ma religion, de mon approche à la religion. Paradoxalement, je ne me suis jamais sentie aussi musulmane qu’en arrivant en France. Dans mon pays, la religion, c’est quelque chose qu’on vit – ou non – à des degrés différents, mais dont on ne parle pas forcément. C’est personnel. Dans mon milieu, dans ma famille, le prosélytisme est très peu répandu. Chacun s’exprime comme il le ressent, partage ce qui l’intéresse, ses pensées, croyances, doutes, visions... mais personne ne juge l’autre, ne le critique ou ne remet en question ses choix – ou son absence de choix – religieux. En France, la religion est problématique. Elle est au cœur de toutes les conversations, de toutes les crispations. En devenant française, je me suis retrouvée à devenir une femme définie par son origine et sa religion.

Comme la plupart des enfants arabes, j’ai grandi avec le conflit israélo-palestinien en toile de fond. Du plus loin que je me souvienne, les images des petits enfants palestiniens plein de boues et de sang accompagnaient nos repas, monopolisaient les journaux télévisés, faisaient naitre en moi une haine insoupçonnable pour une cause que je ne comprenais pas. Malgré tout, la violence m’indignait. La vision de la mort ne se banalisait jamais, m’attristait et me faisait réfléchir davantage. Dans mon pays, j’ai été élevée dans l’idée que les palestiniens sont mes frères, dépouillés de leurs terres, assassinés, colonisés, détruits, chassés par des sionistes calculateurs, aveugles, égoïstes, meurtriers, assoiffés de pouvoir, satisfaits de causer la mort et survivant uniquement grâce au sentiment de culpabilité du monde occidental post-seconde guerre mondiale. Sans le comprendre réellement, le mot « sioniste » est progressivement devenu une insulte et « juif » un gros mot.



Chez moi, on ne parlait pas de la guerre, ni de la mort. On m’a appris l’acceptation de l’autre, l’amour de son prochain. Mais en grandissant, le monde extérieur à mon cocon familial s’est imposé à moi, avec toute son ignorance et son intolérance.

Ces mêmes juifs, qui sont devenus les ennemis publics numéro un du monde arabo-musulman, vivaient autrefois dans mon pays, étaient protégés par le grand-père de mon roi et côtoyaient des musulmans avec qui ils partageaient même une culture. Comment ces familles avaient-elles pu quitter un pays qui les a vues naitre, grandir, prospérer, qui les a protégées ? Comment ces familles peuvent-elles accepter qu’un gouvernement cherche délibérément à tuer des innocents, sous prétexte qu’ils ont la même religion que ceux qui étaient autrefois leurs voisins ? Et surtout, comment en est-on arrivés à cette fracture profonde et généralisée des mentalités dont l’épicentre se situe dans le Proche Orient, au berceau des religions ? Pourquoi un tel retentissement sur la planète ? Pourquoi dois-je haïr les juifs ? Pourquoi est-ce mal que de chercher à les comprendre ?


J’ai toujours eu une fascination pour les civilisations étrangères, tout en les comparant à l’histoire de mon pays, aux cultures et aux valeurs qui y cohabitent et qui me sont chères. L’histoire des juifs marocains conciliait les deux. La communauté juive marocaine m’a toujours passionnée. Elle a laissé une marque indélébile dans l’histoire de mon pays.

Je suis déterminée à tenter de comprendre.


- A


lundi 20 juin 2016

Holy shit.

What's the point of living if nobody loves you? Nobody sees you? Nobody touches you?
 I wish I were older than I am. I'm so alone. It feels that there are little weights hanging 
from my heart that swing and tug every time I move, every time the wind blows. 
I want someone to be so totally in love with me that they would feel like they would die 
if I were gone.

 -Minnie, The Diary of a Teenage Girl  (2015)

mardi 14 juin 2016

Tu es belle, aujourd'hui.


On n'apprend pas toujours de ses erreurs. On essaye de se convaincre soi-même que notre quête est vaine. Mais au moindre évènement, aussi minime soit-il, il est des choses qu'on ne contrôle pas... Notre coeur s'embrase, notre estomac fourmille, des palpitations ininterrompues s'imposent à nous. Je souhaiterais profondément être dotée de la capacité de cesser d'espérer. J'aimerais réussir à me convaincre que cette quête est illusoire. Cependant, il me faut admettre que j'y arrive au bout d'un certain temps. Je n'en suis pas peu fière. Entretenir une relation, de quelque sorte qu'elle soit, est un dur labeur qui nécessite une volition mutuelle. Après de multiples déceptions, j'ai enfin compris que m'acharner était tout bonnement inutile. Imposer sa présence est oiseux. Toujours apprécier l'instant présent et ne s'attendre à rien.

- A

samedi 12 mars 2016

Innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même

Quand on y pense bien, l'amour peut s'avérer être la pire des punitions. On peut essayer de le contrôler, s'efforcer de réfréner ses sentiments. Mais pour combien de temps ? La conscience de l'échec ne suffit pas à ralentir la trajectoire d'un esprit guidé par ses passions. Si tant est qu'aimer est une passion, celle-ci nous consume bien rapidement. La prise de conscience est lente, incertaine, testant la véracité du sentiment. Pourtant, à partir du moment où elle s'implante, l'effet est profond et durable. On déclame certes sans fin contre les passions. Néanmoins, lorsqu'elles ne sont point partagées, nous aurions tort d'y chercher un côté positif. Je crois que je l'aime. D'un amour quelque peu malsain, indéniablement voué à l'échec, qui n'en demeure pas moins persistant. 'Je m'abhorre encore plus que tu ne me détestes', disait Phèdre. 
-A

vendredi 22 janvier 2016

Letters to 2016 #2

Cher janvier 2016,

Tu touches à ta fin et tu as pris avec toi mon héros. Après plus de 10 ans -soit la moitié de ma vie- d'adoration, tu as réduit à néant toutes mes espérances. Je dois t'avouer que ça me parait un peu difficile de trouver un nouveau rêve. Bon, mon espoir n'était pas fondé, je te le concède. Ca faisait dix ans qu'il ne s'était pas produit sur scène. Mais tout de même. Tout de même !!!!! C'est bête, mais je comprends enfin le sens du dicton 'tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir'. Maintenant qu'il n'est plus, c'est clair qu'il n'y a plus d'espoir. Tant pis... Ha. Ca semble tellement simple à écrire, mais intérieurement, mon coeur est écrabouillé en mille morceaux. 
J'ai lu certaines questions récurrentes dans la presse : Que représente David Bowie pour vous ? Avons-nous le droit de pleurer quelqu'un que nous n'avons jamais connu ? Oui. J'en suis convaincue, même. Je pense même que c'est le plus beau cadeau qu'on puisse faire à un artiste, pleurer sa mort et continuer à écouter sa musique, la rendre pérenne. Ce n'est pas de l'hypocrisie, ni un hommage post-mortem.. Non, c'est juste la continuité des choses. On le célèbre de la même manière qu'on l'a fait lorsqu'il était encore en vie. Peut-être un peu plus fort, certes. 
Cependant, la catharsis collective, très peu pour moi. Ce que je ressens, je le garde pour moi. Il a influencé ma vie plus que n'importe qui le pourrait. Il a bercé dix ans de mon existence. Il a murmuré au creux de mon oreille plus que n'importe qui. L'univers a perdu un grand monsieur. 
Goodbye, Starman. You may go back to the sky. You came, you met us and you blew our minds. 

Pour la dernière fois, je reprends mon pseudonyme,
Lucy Bowie